Ce n’est pas parce que cela s’arrête ici que cela ne continue pas ailleurs !

http://www.lesbatisseursdutemps.net/blog/

Comments Pas de commentaire »

ALAIN LEAMAUFF
Ma p’tite Romane (2012)
(Association Itinérances)

Alors comme ça, on a vu chanter Leprest ?
Peut-être même avez-vous chanté ensemble, qui sait ? Il devait être drôlement bien ce concert. Un concert avec des petites histoires d’amour, un divan fraise, de la fumée et quelques légères vapeurs d’alcool non ? Tout plein d’humanité en tout cas, comme sur ce disque dans sa pochette qui fleure bon la vie. On entre chez le marchand de vins, on ressort et on dérobe une fleur au son de l’accordéon, un peu moderne, un peu vieillot. Un violon nous poursuit jusqu’à l’entrée faiblement éclairée de notre petit appartement. On voudra y écrire des lettres d’amour « que tu liras à contre jour » mais bon, on n’ose pas et on n’a pas tous du talent pour dire je t’aime. C’est con parfois la vie…

Allez, on se dit à bientôt, comme des copains de demain. « On nouera de beaux liens quand on se connaîtra. » En attendant, on prendra bien soin de ta p’tite Romane, t’en fais pas.

 

Wiwi – pour Francofans n°35

Comments Pas de commentaire »

Nous devons attirer l’attention de nos innombrables lecteurs du fait que l’auteur de ce petit texte a cru bon d’utiliser quelques expressions un peu au Rabelais.

Mardi 26 juin 2012

Dans un jugement qui devrait faire jurisprudence, le tribunal de grande instance de Cologne a estimé que « le corps d’un enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision », indique un communiqué. « Cette modification est contraire à l’intérêt de l’enfant qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse », précise ce jugement qui n’interdit pas cet acte à des fins médicales.
Source : Le monde.fr

Devant une telle perche tendue, que faire sinon la saisir, et à pleines mains qui plus est !
Que de saines empoignades en perspective ! Nul doute que les partisans du pour (comme du contre) vont nous donner un spectacle à couper le souffle ! (à défaut d’autre chose). Nous entendons d’ici les partisans du pour interpeller l’autre bord ainsi : «vous êtes tous des glands !» Et l’autre bord de répondre tout aussi élégamment : « vos arguments sont pauvres comme zob ! »

Vous en conviendrez, il sera très difficile de réconcilier les (deux) parties, la situation ne pouvant que partir en couille ou en sucette, ce qui au regard des présents ébats, pardon débats, revient à peu près aux mêmes choses.

Nul ne sait ce que l’histoire retiendra. Qui se souvient d’ailleurs de cette célèbre phrase d’un obscur conseiller de Louis XVI prononcée en son temps : « Il serait préférable que la vôtre ne soit pas tranchée Sire ! » Phrase concise s’il en est.

Qui se souvient encore du roi Antiochos qui gouvernait le royaume séleucide entre – 175 et – 163 et qui, afin de provoquer une hellénisation forcée de la Judée, interdira (entre autres choses) la circoncision. D’ailleurs, qui se souvient du royaume séleucide…

En revanche, il est un peuple presque aussi vieux que le Monde qui se souvient qu’il lui a été révélé :

Dieu dit à Abraham : « Pour toi, sois fidèle à mon alliance, toi et ta postérité après toi dans tous les âges. Voici le pacte que vous observerez, qui est entre moi et vous, jusqu’à ta dernière postérité : circoncire tout mâle d’entre vous. Vous retrancherez la chair de votre excroissance, et ce sera un symbole d’alliance entre moi et vous. A l’âge de huit jours, que tout mâle, dans vos générations, soit circoncis par vous ; même l’enfant né dans ta maison, ou acheté à prix d’argent parmi les fils de l’étranger, qui ne sont pas de ta race. Oui, il sera circoncis, l’enfant de ta maison ou celui que tu auras acheté ; et mon alliance, à perpétuité, sera gravée dans votre chair. Et le mâle incirconcis, qui n’aura pas retranché la chair de son excroissance, sera supprimé lui-même du sein de son peuple pour avoir enfreint mon alliance. »
Génèse – XVII – 9

Et qui continue à se souvenir et donc à exister, à être au milieu des autres peuples après toi dans tous les âges.

Un peuple qui a appris à maîtriser le temps en s’appuyant sur son passé pour vivre son présent et construire son avenir. Comme l’écrit de si belle manière Abraham Heschel, les juifs sont les bâtisseurs du temps, et malgré toutes les tragédies, ils sont aussi vivants qu’hier qu’ils le sont aujourd’hui et qu’ils le seront demain.

Dans le monde d’aujourd’hui, faire circoncire son fils, quand on est un parent juif, est contrairement aux apparences, tout sauf la solution de facilité.

En tant que père ou en tant que mère, il faut effectivement accepter que l’intégrité physique de son enfant soit légèrement modifiée. Et c’est presque un défi en regard de nos sociétés dites « modernes » et qui portent aux nues le culte d’un corps (d’une idole ?) bien trop souvent à l’excès.

En tant que juif, c’est la volonté de transmettre à sa propre descendance cette flamme juive et l’espoir, le souhait qu’elle perdure pour au moins une génération à venir. Quelle formidable aventure et grande responsabilité que de pouvoir tenter d’apporter sa petite pierre à l’édifice de tout un peuple.

Au-delà de l’intense émotion que les individus que nous sommes pourront ressentir en assistant à la cérémonie de la Brit Milah, cet acte est ainsi hautement symbolique et un pilier fondamental du judaïsme, un acte fédérateur de toute une civilisation.

Une personne instruite peut-elle vraiment ignorer cela ?
Et quand bien même, pour revenir à François Rabelais, ne disait-il pas : « Ignorance est mère de tous les maux ? »
Aujourd’hui, tout ce que nous devons espérer, c’est que les juges allemands sauront s’arrêter avant de se retrouver « un beau jour » seuls dans Berlin :

 Pâles, ils se regardaient. C’étaient de vieux amis ; leurs relations remontaient à l’époque de leurs études. Mais la peur avait surgi, et la peur avait fait naître la défiance. Ils se regardaient sans un mot.

« C’est un acteur, pensait l’avocat. peut-être m’a-t-il joué la comédie et veut-il me perdre. Peut-être est-il chargé de mettre ma loyauté à l’épreuve… Récemment, pour avoir malencontreusement accepté de défendre un accusé devant le Tribunal du peuple, j’ai eu grand-peine à me tirer d’affaire. Depuis lors, on se méfie de moi… »

« Jusqu’à quel point Erwin est-il vraiment un bon avocat ? se demandait en même temps l’acteur. Dans mon différend avec le ministre, il ne veut pas m’aider. Et maintenant il est prêt à déposer sous la foi du serment qu’il n’a jamais vu la carte. Il ne prend pas mes intérêts à cœur et agit même contre moi. Qui sait si cette carte… Partout on parle de pièges qui sont tendus aux gens… mais c’est absurde ! Il a toujours été mon ami. Un homme sûr ! »

Et tous deux réfléchissaient ; tous deux se regardaient ; tous deux commencèrent à sourire.

- Nous avons été bien sots de nous méfier l’un de l’autre !

- Nous qui nous connaissons depuis plus de vingt ans !

- Depuis les bancs de l’école.

Oui, nous avons fait bien du chemin !

- Comment en sommes-nous venus là ?… Le fils trahit sa mère, la soeur son frère, l’ami son amie.

- Mais ce n’est pas vrai pour nous.

Hans Fallada – Seul dans Berlin

 

Comme quoi, comme le disait malicieusement très récemment Jean-Louis Ézine sur un thème étrangement proche (l’abattage rituel) : le barbare, c’est le civilisé d’en face.


Comments Un commentaire »

LES SZGABOONISTES
Chantent Ferrat
(Musicast distribution)


«Nous autres vivants devons apprendre qu’il n’est plus possible de vivre à genoux» disait Hannah Arendt en 1942. Jean Ferrat a alors 12 ans et se tiendra debout toute sa vie durant.

70 ans plus tard, les Szgaboonistes n’ont pas oublié. Dans un style direct, guitare sèche virevoltante sous le bras, ils rendent ce très bel hommage au chanteur disparu il y a deux ans maintenant. Les textes les plus connus (Potemkine, Nuit et brouillard) côtoient de petits trésors à ne pas oublier (En groupe, en ligue, en procession – Vipères lubriques). De Ma môme en 1960 à Dans la jungle ou dans le zoo en 1991, les premières chansons se mêlent aux plus récentes. Amour, révolte et Camarade. Que vous soyez Ferrat ou Szgabooniste, soyez remerciés de continuer à nous faire espérer et aimer Ma France.

Que serions-nous sans vous ? De pauvres petits c… sans nul doute.

http://www.szgaboonistes.org/

wiwi – Pour Francofans n°34

Comments Pas de commentaire »

Le Monde.fr: 

Chers internautes, ce live, assuré en continu par les équipes duMonde depuis mardi matin, va prendre fin dans quelques minutes. Vous avez été très nombreux à nous suivre, plus de 600 000 au moment de l’assaut, et entre 100 000 et 150 000 dans la nuit de mercredi à jeudi. Un record absolu pour lemonde.fr .
Vous pouvez bien évidemment relire ce live en cliquant ici
De nombreux contenus sur les tueries de Montauban et Toulouse sont en ligne sur le site.
Sur l’assaut du RAIDl’itinéraire de Mohamed Merah, ses liens avec la mouvance djihadistele rôle de la DCRI dans sa surveillance ou encorel’impact de la tuerie sur la campagne présidentielle.
Tous les articles sont à retrouver en cliquant ici par ordre chronologique de publication.

Merci encore à tous !

 

N’avez-vous pas envie d’ajouter : « Et à bientôt pour de nouvelles aventures ! »
« Et merci à nos sponsors habituels : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse et les autres sans qui rien n’aurait été possible ! »

L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son prore désir. L’extériosité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente. C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout.
Guy Debord – La société du spectacle – 1967

A quel moment commence le chemin de l’homme nous demande Martin Buber ? A quel moment notre être intérieur se décide-t-il vraiment à vivre ? A quel moment viendra-t-il à la rencontre de l’être extérieur pour ne plus faire qu’un ? A quel moment se décidera-t-il à enfin abondonner cette société du spectacle pour se consacrer à la réalité de son existence ?

Devra-t-il attendre de tels drames pour hurler à l’instar de Marc Femsohn : « J’en ai MARRE qu’on nous aime seulement lorsqu’on nous enterre !!! » ?

Il s’était déjà mis en marche il y a quelques temps, malgré les uns, malgré les autres, malgré tout, malgré rien.
Il s’était mis en marche, avançant, sans reculer même si parfois il ressentait le besoin de souffler et de s’arrêter pour prendre le temps de se rendre compte du lieu, du temps, de l’espace qu’il occupait. Par rapport à lui, par rapport aux autres. Dans sa relation à autri comme dans la relation à lui-même, qui est peut-être la même si l’on se réfère au principe de l’unicité.

De spectacteur, il prend le temps de devenir acteur, malgré les petites errances, les légères angoisses, les questions et les réponses qui amènent sans cesse de nouvelles questions. Alors ce soir, quand il mettra de côté sa vie profane, il continuera à avancer sans oublier d’avoir une pensée pour Gabriel (4 ans), Arieh (5ans) et leur père Jonathan Sandler (30 ans), pour Myriam Monsonégo (7 ans), pour Abel Chennouf (25 ans), Mohamed Legouade (23 ans) et Imad Ibn Zlaten (30 ans).

Que vos mémoires soient bénies.

Comments Pas de commentaire »

Génèse (1, 26)
Dieu dit :  » Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail ; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s’y meuvent.  » Dieu créa l’homme à son image ; c’est à l’image de Dieu qu’il le créa. Mâle et femelle furent créés à la fois.

Génèse (2, 18)
L’Eternel-Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit isolé ; je lui ferai une aide digne de lui. »
[…]
L’Eternel-Dieu fit peser une torpeur sur l’Homme, qui s’endormi ; il prit une de ses côtes, et forma un tissu de chair à la place. L’Eternel-Dieu organisa en une femme la côte qu’il avait prise à l’homme, et il la présenta à l’homme. Et l’homme dit : « Celle-ci, pour le coup, est un membre extrait de mes membres et une chair de ma chair ; celle-ci sera nommée Icha, parce qu’elle a été prise de Ich.  » (C’est pourquoi l’homme abandonne son père et sa mère ; il s’unit à sa femme, et ils deviennent une seule chair.)

Est-il possible que la création de la femme, à partir d’une articulation mineure de l’homme, puisse valoir autant que la merveilleuse idée de la femme d’emblée égale à l’homme, de la femme comme « l’autre côté » de l’homme ?

Il ne s’agit pas de la compossibilité de versets ; il ne s’agit pas de raccords entre textes, mais d’un enchaînement d’idées dans ses multiples possibilités. Le problème consiste à concilier l’humanité des hommes et des femmes avec l’hypothèse d’une spiritualité du masculin, le féminin n’étant pas son corrélatif, mais son corrolaire, la spécificité féminine ou la différence des sexes qu’elle annonce ne se situant pas d’emblée à la hauteur des oppositions constitutives de l’Esprit. Audacieuse question : comment l’égalité des sexes peut-elle provenir de la priorité du masculin ?

Est-ce qu’être à l’image de Dieu signifie d’emblée simultanéité du mâle et de la femelle ? Voici la réponse de Rav Abahou : Dieu a voulu créer deux êtres, mâle et femelle, mais il créa à l’image de Dieu un être un. Il a créé moins bien que son idée première. Il aurait donc voulu – si j’ose dire – au-dessus de sa propre image ! Il a voulu en effet qu’il y eût d’emblée égalité dans la créature et qu’il n’y eût pas de femme sortie de l’homme, de femme qui passât après l’homme. Il a d’emblée voulu deux êtres séparés et égaux. Mais cela n’était pas possible ; cette indépendance initiale aurait été probablement la guerre. Il fallait procéder non pas en stricte justice, qui, elle, exige en effet deux êtres séparés ; il fallait, pour créer un monde, qu’il les eût subordonnés l’un à l’autre. Il fallait une différence qui ne compromette pas l’équité : une différence de sexe ; et, dès lors, une certaine prééminence de l’homme, une femme venue plus tard et, en tant que femme, appendice de l’humain. L’humanité n’est pas pensable à partir de deux principes entièrement différents. Il faut qu’il y eût du même commun à ces autres : la femme a été prélevée sur l’homme, mais est venue après lui : la féminité même de la femme est dans cet initial après-coup. La société ne s’est pas constitué d’après des principes purement divins : le monde n’aurait pas tenu. L’humanité réelle n’admet pas une égalité abstraite sans aucune subordination de termes. Qu’est-ce qu’il y aurait eu comme scènes de ménage entre membres du premier couple de parfaire égalité ! Il fallait subordination et il fallait blessure, il fallait et il faut une douleur pour unir les égaux et les inégaux.

Émannuel Lévinas
Du sacré au saint, cinq nouvelles lectures talmudiques – 1977

Comments Pas de commentaire »

100% de la viande abattue en Île-de-France est halal, 100% de la viande distribuée est suspecte d’avoir été abattue selon un rituel religieux, et moi, je ne suis pas de cette religion.
Marine Le Pen – février 2012

Les religions devraient réfléchir au maintien de traditions qui n’ont plus grand chose à voir avec l’état aujourd’hui de la science, l’état de la technologie, les problèmes de santé.
François Fillon – le 05 mars 2012

Impossible de ne pas repenser, en ces temps de cash-déroute, et en attendant des grands soirs qui sonneront l’halal-i, à cette célèbre phrase que l’on prête au Général de Gaule : « Les Français sont des veaux ». Et si j’osais les paradoxes et les jeux de mots faciles, j’irai même jusqu’à dire : « Les Français sont dévots ».

 

Étiquetage, traçabilité…

Début mars 2012, le petit veau français se mène lui-même à l’abattoir chaque jour, de son plein gré. Entre son domicile et son lieu de travail, dans son petit train quotidien, le petit veau français sera soumis à cinq contrôles tournicotant. Après ce déraillement du matin, la présentation d’une carte professionnelle sera alors indispensable pour pénétrer un bunker qui ne semblait être à la base qu’un simple centre de formation. Le soir, rebelote et dans l’autre sens, avec un contrôle en moins, il n’est pas indispensable de montrer patte blanche pour sortir du bunker. En une journée tout à fait banale d’une vie normale dans un pays qui ne semble pas en état de guerre (difficile en revanche de parler d’un pays en paix avec lui-même), le petit veau français aura dû décliner à 11 reprises son identité. 12 en fait, un contrôle supplémentaire réalisé avec moults contrôleurs et une présence policière rassurante aura permis au petit veau français de terminer sa journée avec une parité parfaite (c’est dans l’air du temps) entre l’aller et le retour. Et de trouver cela normal, comme il trouve normal d’entendre dans l’ensemble des lieux publics traversés des phrases distillées par haut-parleur qui ne cessent de commencer par « Pour votre sécurité… ».

Entre nous, de quoi peut bien avoir peur notre petit veau français ? Ou plutôt, qui peut bien vouloir nous montrer que nous devons avoir peur (mais de quoi ?) mais qu’heureusement « on » veille sur nous.

Peut-être de « l’autre monde » qui entoure le petit veau où règne le désordre, le chaos et la cruauté ?
Peut-être le petit veau français a-t-il peur, comme ces parlementaires qu’il a élu, de pays comme celui dépeint ci-dessous, allez savoir…

Or, tout démontre, même si bien peu nombreux sont ceux qui osent employer le mot, que le Moyen-Orient est le théâtre d’un nouvel apartheid. La ségrégation y est raciale mais comme on n’ose pas le dire, on dira pudiquement « religieuse ». Pourtant, la revendication d’un état « Juif » ne serait-elle que religieuse ?
Rapport sur la géopolitique de l’eau – Assemblée nationale – Décembre 2011

Le petit veau français s’est rendu en Israël en 2011, pendant presque 15 jours. En tout et pour tout, il aura été contrôlé 8 fois entre l’aéroport Ben Gourion, l’entrée au kotel puis sur la route qui mène de Jérusalem à la mer morte. Au-delà de la simple comparaison statistique, le petit veau français s’en est retourné dans son pays bien songeur, à un point tel qu’il espère parfois ne pas être redescendu sur le plancher des vaches.

Comments Pas de commentaire »

2012 – R.WAN – Peau rouge

Allez c’est parti, on va taper sur la bleuitude, ça changera ! Ben oui quoi, d’habitude c’est l’inverse non ? Et puis tonton Georges le faisait bien à grand coup de mamelles non ? Pourquoi pas moi alors hein ? Enfin quand j’dis moi, j’dis rien hein (courageux mais pas téméraire) ! C’est R.WAN qui chante le CRS mélomane c’est pô moi hein :

J’suis un CRS mélomane
Un amoureux de John Coltrane
C’est pas parce que j’ joue du gourdin
Que j’sui le dernier des bourrins
J’suis un CRS mélomane
Quand j’entends ces slogans de cortèges
Monocorde et sans âme
J’ai envie de coller des arpèges

Je crois que c’est à ce moment-là que l’on reconnait le talent, le vrai. Il vous permet de chanter des horreurs et l’auditeur béat, dont le père du grand-père de la femme du frère, tout CRS qu’il était, trouvera cela génial. Mais ne nous y trompons pas. Passé cette pirouette désinvolte et manifestationnaire, l’univers de R.WAN demande un minimum d’attention et l’on découvre alors toute l’étendue du talent du rhino si rosse : un créateur d’univers dérangeants mais pénétrants qui collent littéralement la mélodie au texte dans une fusion sans confusion. Ainsi vont Mélodie en sous-solTrois fées et cette américaine hypnotique devant laquelle on fini hypnotisé… Forcément…

zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Ne restez donc pas en marge de ce disque. Car comme ne semble pas l’indiquer ce dernier titre de l’album, pas besoin de fumée blanche pour partir en voyage.

Comments Pas de commentaire »

2012 – LEONARD COHEN – Old ideas

Quel regard pouvions-nous avoir, quand on avait 18 ans,  sur un « vieux » de 54 ans qui chantait négligemment, lunettes, costard noirs et banane jaune en pochette, de sa voix caverneuse : I’m your man ? De mémoire, il est probable que nous hésitions entre le « Mon pote, t’es grillé, elles sont pour moi maintenant ! » et le « Putain, il va quand même pas nous piquer nos gonzesses le dandy sur le retour, merde alors ! » Entre moquerie et incrédulité. A moins que derrière tout ça, il y ait eu un peu de jalousie et beaucoup d’envie…

Les années passent, parfois doucement, parfois douloureusement. Nous traversons la vie, la vie nous traverse. Nous écoutons toujours les disques de nos vingt ans. Nous les réécoutons, parfois les redécouvrons. Plus rarement, nous les oublions.

De I’m your man en 1988 à Amen en 2012, le temps, cet architecte inlassable,  aura poursuivi son lent ouvrage. Nous aurons échafaudé des plans sans penser que nous pouvions les tenir à l’envers. Alors il nous aura fallu attendre que tout soit démoli afin d’espérer, peut-être, sûrement, mieux reconstruire.

Étais-je vraiment un homme quand je lui disais If you want a lover I’ll do anything you ask me to. And if you want another kind of love I’ll wear a mask for you ? N’ayons pas peur de faire tomber les masques, n’ayons pas peur de ralentir le rythme de la chanson, de fusionner l’âme à l’homme et l’homme à l’âme. Il ne sera alors jamais trop tard d’oser lui dire :

Tell me again when I’m clean and sober […] tell me that you love me then

Amen

Comments 9 commentaires »

ZEBDA – 2012 – Second tour

Durant les dernières années du millénaire précédent, les choses étaient encore relativement simples : on tombait la chemise le samedi soir, on se révoltait contre le bruit et l’odeur et l’on chantait à tue-tête : « on est chez nous » ! Au début des années 2000, passé l’euphorie d’un réveillon qui en endormit plus d’un, arrive le doute de l’utopie d’occase : les évidences c’est pas mon dessert, tu les avales il en sort un bouc émissaire…

Mouss et Hakim se sentent d’origines incontrôlées et jettent alors un regard amoureux du côté d’Alger. Magyd Cherfi, quant à lui, dans sa cité des Étoiles, cherche inlassablement à réconcilier place de France et sandale magique, entre espoir et mélancolie d’un pays à la mémoire décidément bien défaillante et sélective.

Nous sommes en 2012, 20 ans après l’arène des rumeurs. Le temps où le petit garçon ajustait son lance-pierres semble révolu. Les interrogations et les doutes persistent, sans colère mais avec beaucoup de sensibilité. Ils ne sont pas aussi visibles que pendant la mise en sommeil de Zebda, mais difficile de passer à côté d’un titre comme les harragas (du nom des migrants clandestins qui brûlent leurs papiers), l’univers du groupe laissant de plus en plus de côté le monde manichéen de nos jeunes années, ainsi Les deux écoles et le  très casse-gueule théorème du châle.

En guise de correction, de conclusion, les hommes naissent…
Zebda tente alors de corriger, de compléter cette phrase énigmatique en compagnie d’une mélodie qui se fait de plus en plus insistante et entêtante.

Mais ça va pas…

… être possible ?

Comments Pas de commentaire »

Tout petit, Gabriel n’était pas un ange. Sa nourrice, qui lui préparait des madeleines pour son goûter, essayait pourtant de le remettre dans le bon sens, à l’image de son père spirituel : Camille le Saint. Une nuit, excédée, elle l’emmène très profondément dans un sombre sous-bois et l’abandonne sur place. Nul ne se sait ce qu’il advint du petit Gabriel. En revanche, quand la mort promène son long manteau, il est parfois possible d’entendre au loin une musique profonde et intérieure, qu’il est de coutume de nommer ainsi : le requiem de Fauré.

Petite histoire courte inspirée par le Requiem de Fauré. Enregistrement de 1975 par Daniel Barenboïm et l’orchestre de Paris.

Comments Pas de commentaire »

ARNAUD VAN LANCKER QUARTET
Chez Rosa… (2011)
(Compagnie du Tire-Laine)

Quelque part vers l’est, un accordéon souffle une douce plainte. Une guitare piquée lui répond peu de temps après. Une contrebasse débonnaire s’avance pour marquer un tempo de plus en plus enlevé. Pour finir, tel un diable sortant de sa boîte, une clarinette part en trille pour ne plus jamais s’arrêter. C’est une façon d’imaginer l’introduction musicale de cet Atzinganos, qui ouvre la voie à onze histoires sans paroles. Chaque composition, accompagnée de son petit commentaire, amènera l’auditeur à imaginer (Django se cache-t-il derrière Swing 40/12 ?) ou s’imaginer (sous Les tilleuls, m’accorderiez-vous cette danse ?).

L’accordéoniste Arnaud Van Lancker, tout en nous dévoilant un peu de son intimité (La Nono), n’oublie pas d’insister sur le « Quartet » de Chez Rosa…, tant les quatre musiciens, par leur engagement, proposent un ensemble d’une rare densité.

wiwi – Pour Francofans n°32

Comments Pas de commentaire »

LA TARANTELLA – Antidotum Tarantuale (2002)
Christina Pluhar

La Carpinese
Prends la pelle et ravive le feu,
va chez ton amoureux
passe deux heures dans les jeux.
Si ta mère se fâche pour ton jeu,
dis-lui que ton visage est rouge à cause du feu.
Dis-lui ce que tu veux, toute femme fait ce qu’elle veut
Le soleil brille lorsqu’il fait beau,
tes seins resplendissent, femme galante,
ta poitrine abrite deux poignards en argent.
Celui qui les touche, ma belle, devient un saint.
Et je les touche, moi, qui suis l’amant.
Nous irons sans doute au Paradis.
dis-lui ce que tu veux, toute femme fait ce qu’elle veut.

Ne vous fiez pas à la date de sortie du disque, la femme-araignée pourrait bien avoir existé bien avant une certaine aranéide radioactive de comics.
Entre magie, mythe, réalité, maladie, guérison, et danse séculaire dans le sud de l’Italie du XVIIème siècle.

Mais c’était il y a bien longtemps, des temps éloignés qui n’étaient pas aussi bien éclairés que nos jours heureux de ce début d’année 2012.
Je dégaine donc mon wikirassuremoi et peut ainsi affirmer :

La Tarentule était supposée plonger sa victime dans un profond état de léthargie qui conduisait à la mort : le tarentisme ou tarentulisme. Le seul remède connu était d’organiser des danses très rapides, à laquelle participait tout le village de la victime, afin de dissiper les effets du venin. De là, la célèbre danse de la tarentelle trouve son origine traditionnelle.

Les scientifiques ont étudié la faune de cette région et une seule araignée pourrait être en cause : Lycosa tarantula (Linnaeus 1758) appartenant à la famille des araignées-loups (Lycosidae).
Cette lycose est de grande taille, du moins pour une araignée, mais sa morsure ne paraît pas très dangereuse, juste un peu douloureuse. En tout cas, danser ne constitue certainement pas un remède à sa morsure.
On analyse ce mythe aujourd’hui de la façon suivante : au cours du XVIIè siècle, la religion interdisait la danse et la musique païenne. La construction d’une thérapie de groupe permettait de s’adonner à la fête en contournant les interdits.

Tout irait bien dans le meilleur des mondes donc. Mais entre nous, peut-on vraiment séparer le mythe de la réalité. La réalité peut naître du mythe, le mythe d’un fond de réalité.
Ne sont-ils pas alors étroitement liés ?

En Italien, taranta, le mot qui désigne l’araignée,  ne correspond pas à un animal précis. Notre lycose ne pourrait pas alors être le latrodecte, venimeuse et dangereuse pour l’homme, surtout quand il travaillait dans les champs ? Et cette tarentelle, ne viendrait-pas de plus loin encore, d’un temps où Ulysse était charmé par les Sirènes ?

La tarentelle, à travers ce remarquable disque, pourrait très bien vous emmener vers l’équilibre. Déstabilisant, ne trouvez-vous pas ?

 

Comments Pas de commentaire »

Bonjour au monde qui entoure (protège ?) Oldelaf.

Mais que se passe-t-il depuis quelques temps ?

Je m’interrogeais il y a peu sur l’opération kisskissbankbank en me demandant à combien se montait la somme pour coucher avec Oldelaf. Lors de son concert à la Cigale du 29 octobre 2011, je m’étonnais de voir les meilleures places assises réservées à une assistance qui arrive en retard, parle haut et me gâchais le son et l’image d’Illico en première partie.

Et puis aujourd’hui, je reçois ce message de la part de Youtube :

Bonjour wiwilevrai,
Nous avons désactivé le contenu suivant suite à la notification d’un tiers (Believe) signalant que ce contenu porte atteinte à :

Oldelaf et Monsieur D – Petit Pierrot
http://www.youtube.com/watch?v=FheFdy0zzCY

Sans doute n’êtes-vous pas responsable de cette désactivation. Mais quelle importance finalement. Quand j’ai connu Oldelaf (et ses monsieur D), je le suivais à des concerts où le spectateur ne se bousculait pas, loin de là. Un autre temps aujourd’hui visiblement oublié.
C’est vraiment dommage car il y aura eu des moments extraordinaires, et qui resteront gravés dans ma mémoire, comme ce putain d’Olympia ou ce premier DVD et cette chenille géniale qui se promène dans Paris.

Un jour, j’ai voulu écrire un message à Oldelaf pour le remercier pour tous ces moments mais je n’ai pas osé.

J’ai eu la chance (?) de pouvoir assister à ce fameux concert privé d’avant la sortie de l’album. Je faisais partie des privilégiés, non pas parce que j’aimais ces chansons, mais parce que j’ai un tout petit strapontin dans la « grande famille de la musique francophone ». Je me suis interdit, au dernier moment, d’assister à ce concert « privé » parce que justement il privait ses vrais amoureux de la fête.

Les chansons n’appartiennent qu’à ceux qui les laissent sans voyager
Pour qu’on puisse encore les chanter sans qu’elles aient besoin de papier
Et tout le monde pourra les entendre si nos oreilles sont accrochées
Aux cœurs qui battent la mesure du temps qui n’veut pas s’arrêter

La Rue Kétanou – Impossible

Pour Oldelaf, mon coeur et le temps s’est arrêté,

Avec tristesse,
wiwi

Comments Pas de commentaire »


C’est peut-être Mozart le gosse qui tambourine
Des deux poings sur l’bazar des batteries de cuisine
Jamais on le saura, l’autocar du collège
Passe pas par Opéra, râpé pour le solfège.

Il l’aura pourtant son Requiem, tout comme Allain aura sa Symphonie…

Lacrimosa dies illa. Jour de larmes que ce jour, cette nuit du 15 août 2011.

Depuis ?

Il pleut sur la mer et ça ne sert à rien.
A rien et à rien, mais quoi sert à quoi ?

Allain s’avance, sa symphonie commence.

Il tombe des cordes des archets. Une valse lente nous prend doucement par la main et nous invite à tourner avec elle. La voix d’Allain et tout ce qu’elle contient d’humanité, parfois hésitante, chancelante, troublée et troublante, s’élève pourtant comme par magie au milieu de cette musique à la fois limpide et profonde.

Continue, Allain, continue de nous donner de tes nouvelles et merci de nous laisser entrer dans ta dernière demeure, avec l’aide de Romain et de Didier, tes deux compagnons de toujours. Tu t’es, encore une fois, une nouvelle fois, une dernière fois, mis complètement à nu pour nous offrir ce cadeau de l’au-delà.

Et il est beau ton putain de cadeau, même s’il fait mal parfois. Même s’il nous renvoie ton incroyable lucidité en pleine gueule, comme cette belle salope de gitane, cigarette en main gauche, faux en main droite : « Et toi qui portera mon deuil demain blotti dans le cercueil…». Tu finiras cette chanson épuisé, la voix se faisant à la fois sifflante et soufflante avant de s’évanouir… dans un nuage, forcément.

Ta voix ainsi disparue, il en aura fallu du courage et de l’amour à ceux qui sont venus la faire revivre à travers leur interprétation. Le temps de finir la bouteille par Jéhan est une véritable tempête d’émotions, une frissonante montée en puissance où violons et violoncelles se mèlent aux tambales pour venir percuter le ciel.

Pour te rejoindre peut-être ?

Mais nous voilà de nouveau chahutés par les éléments de ta prose, comme s’il fallait toujours descendre avant de remonter, dans un mouvement perpétuel qui ne trouvera jamais le repos : «Mon destin, ça n’était qu’une paire de ciseaux qui guettait mon envol pour me trancher les ailes. Ma vie va s’effacer des murmures de Tokyo. Je plonge vers la mer, le ciel me vienne en aide». Pour cette fois, c’est Daniel Lavoie qui disparaît dans les flots. Puis d’autres le suivront, les uns après les autres : Christophe, Kent, Enzo Enzo puis Sanseverino, « pauvres naugrafés de naissance sur l’île de Malenfance dont nul n’est revenu. »
Alors, dans un ultime élan, Allain rejoint Didier, dans une valse pour tout, une valse pour rien.
Mais on était pas là pour rigoler finalement…
« Y a pas d’amour, y a pas d’orchestre. Tout ça se passe dans ta tête. Cendrillon a laissé au fond d’un cendrier la cendre de ses gestes »

Silence. Comme s’il fallait un espace à la rencontre des mots. Silence.
Cette fois, c’est vraiment fini. Un vide immense.

On croit que personne n’est indispensable sur cette Terre, qu’elle continue à tourner sans que rien ne soit changée. Et pourtant un matin, on se réveille et le vide est là. Et nous naïvement, de prendre enfin conscience que certains vides qui se créent sous nos pieds ne pourront jamais être comblés, malgré les larmes qui s’écoulent le long des fissures de notre tristesse.

Merci Allain de venir chercher notre humanité au plus profond de nous-mêmes, de nous donner l’envie, la force et le courage de nous mettre, nous aussi, à nu…

C’est peut-être Leprest, aujourd’hui disparu
Dans son plus beau posthume, pacifiste inconnu
Maintenant on le sait, magnifique voix cassée
Pour toutes nos causes perdues merci d’avoir lutté


Comments Pas de commentaire »

LOU REED ET METALLICA
2011 – Lulu

D’un côté, Lou Reed : Le Velvet Underground, Walk on the wild side et j’en passe. De l’autre côté, Metallica, avec Master of puppets qui figure certainement en bonne place dans mon panthéon musical : cette rythmique, ce solo. Innoubliable…

Et il y a l’alchimie…

On mélange deux trucs incroyables pris séparément et on observe le résultat.

J’ai tenu jusqu’au quatrième titre avant de tout envoyer balader.

C’est bizarre l’alchimie…

De toutes façons, rien qu’en voyant la pochette, on pouvait s’en douter…

Comments Pas de commentaire »

LES SERRURIERS MAGIQUES
2011 – Je veux apprendre

« Que tu lui donnes un crayon et l’enfant bâtit sa chanson ».

Une fois qu’il a fini ses devoirs, l’enfant a envie d’avoir des droits, le droit d’avoir des envies, et des pas envies aussi. Alors il rencontre d’autres enfants et tous ensemble ils utilisent un peu de pâte à choraler avec l’aide d’adultes, ceux-là mêmes qui se souviennent encore à quoi ressemble un serpent boa qui digérait un éléphant.

De ce joli pétrissage prennent formes douce, une chanson calme et son piano à pouces, un irrésistible et modestement génial on est pas des nunuches, l’histoire en clair-obscur de la famille, ou encore la belle diversité des mots français parmi ces onze petites sculptures sonores consacrées aux droits de l’enfant.

 Aux petits qui découvrent, aux grands qui oublient, à tous ceux qui veulent apprendre, partez à la rencontre d’un monde enchantant, vous en sortirez grandi.

 

http://www.serruriersmagiques.com
wiwi pour Francofans n°32

Comments Pas de commentaire »

TRAM DES BALKANS
Rubber man

(Les entêtés production) – Sortie janvier 2012

Mais que peut bien t-il se tramer du côté des Balkans en ce début d’automne ?
Une voix qui sort De profundis, un violon virevoltant, une clarinette délurée auxquels viennent s’accrocher accordéon, contrebasse et percussions et sans crier gare nous partons « vers l’Est, par où le soleil se lève ». Nous nous retrouvons à sautiller gaiement entre des plages chantées et des passages qui nous laissent sans voix avant d’aller rigoler un bon coup sur un twist again à Zagreb gorgé de clins d’œil. L’euphorie s’estompe. C’est le temps de la réflexion, le temps des regrets comme semble nous le souffler Tuga. Et puis c’est la fin, une très belle fin, avec ce Tam daleko, profondément humain, qui nous touche l’âme à chaque note, à chaque instant, et qui nous ramène là où tout avait commencé, « vers l’Est, par où le soleil se lève »

Tram des Balkans : un train de vie.

 

http://www.tramdesbalkans.com

wiwi pour Francofans n°32

Comments Pas de commentaire »

2011 – Cowboys Fringants – Que du vent

 Cela commence bizarrement, genre disco, guitare funky accompagnée, en fond sonore, de (mal au) choeurs style « pétasses de plateaux télé ». D’où ce titre télé(guidé) de cette première plage, que l’on a bien envie, une fois la première surprise passée, de reléguer en piste cachée à la fin du disque, seul endroit idéal pour un petit clin d’oeil amusé et amusant sur la société du spectacle.  Mais de là à le placer en tête de gondole…

C’est donc plongé dans un océan de perplexité et avec une certaine appréhension que j’attends la suite. Et là, bing bang, tsoin tsoin, zing zing, hohoho, yeah eh yeahhhh ehhhhhhhh, la suite me décapite la tête (et la tête, et la tête, alouette, alouette !) dans un déferlement de décibels qui me laissent cloué sur place. Sur les 10 titres qui suivent, 7 d’entre eux me font irrémédiablement penser à ce à quoi pourrait ressembler la fête de la musique du côté de Québec avec tous ces groupes amateurs qui feraient de la musique genre country punky un peu énervée et sur laquelle on danserait et se bourrerait la gueule à base de Blanche de Chambly (restons un minimum classe bordel !). C’est sympa 5 minutes mais bonjour la gueule de bois le lendemain matin et le goût amer qui reste dans la bouche. On aimerait alors oublier très vite les errements de la veille. Peut-être avec l’horloge, cette ritournelle mélancolique qui nous renverra, avec une certaine nostalgie, aux étoiles filantes du passé.  Ou encore Comme Joe Dassin ? Non, on y croit plus. Ce n’était pas assez au regard d’un lendemain qui déchante.

 

 

Comments Pas de commentaire »

Jean Ferrat – L’Intégrale des enregistrements originaux Decca-Barclay

Non, je ne vous parlerai pas de Jean Ferrat. D’autres l’ont fait beaucoup mieux que je ne pourrais le faire. Et puis si je commence, j’ai peur de ne pouvoir m’arrêter. D’ailleurs, si cela un petit moment que je n’ai rien écrit en ces lieux, c’est en partie grâce à Jean Ferrat que je le dois (et aussi au fait que j’avais envie de faire une mini pause également). Sans doute n’ai-je pas encore eu le temps de m’imprégner suffisamment de l’incroyable richesse et profondeur de son oeuvre. Je suis également allé faire un petit tour du côté des différentes nécrologies qui fleurirent lors de sa mort, le 13 mars 2010. J’ai retenu ce petit passage :

La télé de Giscard avait interdit Ma France, parce que Ferrat traitait les gouvernants d’usurpateurs. Plus tard, les manifs de gauche ont préféré la Douce France, celle que chantait Charles Trenet en Allemagne devant les prisonniers de guerre, et qui est, beaucoup plus ambiguë. La France de Jean Ferrat était tout à la fois terrienne, populaire et rebelle. La Môme en usine à Créteil et les paysans de l’Ardèche. Ce peuple, dont les « pauvres petits cons » de l’autre chanson refusent toujours d’entendre parler !

Nos amis médiatiques (et toc) parlent beaucoup de crise financière en ce moment. Je me demande parfois si la crise n’est pas plus profonde que cela.

 

La France de Jean Ferrat

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

Comments Pas de commentaire »