Le disque est rouillé


Le disque est rouillé

Rendez-vous compte ! Il aurait suffi que soit inventé le disque de fer pour que l’on puisse s’exclamer : « le disque est rouillé ! » Comme quoi, l’invention du disque d’or et de platine ne doit rien au hasard. C’est un peu comme le diamant de ce bon vieux tourne-disque, et même s’il n’abreuve plus que rarement nos sillons, difficile de penser qu’il puisse être impur.

Rayé au pire
Rayé mais éternel
Rayé sans pyjama
Pyjama sans sommeil
Le disque est rayé
Rayé au pire
Rayé mais éternel
Rayé sans pyjama
Pyjama sans sommeil
Pyjama sans rayures
Repos éternel
Il est temps de changer de disque

L’éternité donne le tournis à tellement de monde, alors pourquoi pas à un disque qui tourne en boucle ? Quant à tous ces êtres humains qui tournent en rond, je les plains. Ils n’ont pas fini de s’ennuyer avant de connaître l’éternité.

Et la chorale s’emballe

Les chorales, cela me laisse sans voix. D’ailleurs, c’est mieux ainsi. Imaginez que ce soit elles qui restent sans voix ! Remarquez, sans voie, il y a peu de risque de dérailler sa mélodie.
Dans les chorales, ça manque souvent de basses. Et ça, c’est très grave ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le chef de chœur. Le chef de cœur, c’est un petit bonhomme avec un chœur gros comme ça ! Le chef de chœur, il doit souvent couper son cœur en quatre, entre les sopranes hauts, l’halte au feu et le baryténor. Enfin, en trois devrais-je dire, vu qu’il n’y a jamais de basses dans les chorales. C’est pour cette raison que l’on a inventé le gravoténor, qui chante d’une voix tellement basse que l’on ne l’entend même pas. Du coup, cela ne change pas grand-chose au fond du problème. Alors on a inventé le ténor grave supérieur qui lui passe son temps à siffler du bon vin. Mais entre siffler un air et siffler une bouteille, il y a une différence ! On peut siffler un air avec des Do, des Ré, des Mi, des Fa, des Sol, des La. Et cela reste très censé sans Si, alors que dans la bouteille, on ne peut mettre que des Si. Mais attention ! si l’on tente d’y mettre des gros Si, hé bien ça ne rentre pas !
Diriger une chorale pour un chef de chœur, c’est un peu comme souffler dans une bouteille jetée à la mer…

Pour une chanson

Jean Ferrat ne chantait pas pour passer le temps
Des cerises sanglantes à l’ombre de Clément
La commune de Paris aime à crier son nom
Il n’y avait que Ferré pour pleurer cette chanson
 
Ils sont où nos poètes ?
Nos chanteurs engagés
Ceux qui chantaient la France
Et la faisaient danser
 
Autour d’un hexagone amoureux de Paname
Et l’histoire balbutie tout en séchant ses larmes
De la butte rouge au p’tit bal du sam’di soir
Pierrot quitte Paris la voix dans le brouillard
 
Ils sont où nos poètes ?
Nos chanteurs énervés
Ceux qui crachaient la France
À trop vouloir l’aimer
 
C’est peut-être Leprest, aujourd’hui disparu
« Dans son plus beau posthume, pacifiste inconnu »
Jamais on le saura, pauvre voix fatiguée
Pour toutes ces causes perdues d’avoir trop lutté
 
Ils sont où nos poètes ?
Nos chanteurs envolés
Ceux qui aimaient la France
Mais qu’elle a oublié

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lundi 16 juillet 2018

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