Arthur, François, Pierre et… moi ?


Arthur, François, Pierre et… moi ?

Au moment de me mettre à écrire quelques vers
Cet instant où poète je m’apprête à clamer
Je me trouve ridicule et préfère étouffer
L’hémistiche et ses pieds engourdis par l’hiver
 
De cet art de la prose je ne sais disposer
Du sonnet et des rimes n’en maîtrise pas l’effet
Amoureux de cet art je le suis il est vrai
En lecteur simplement en écrire trop m’effraie
 
La ballade des pendus et leur bal sautillant
Poètes et voleurs s’assemblaient tournoyant
Ils rêvaient de sonnets pour la rose cueillir
Je mourrai sans espoir la regardant flétrir
 
Que faut-il pour souffler des paroles enflammées ?
Les malheurs la souffrance d’un amour sans amant ?
De ma bouche rien ne sort mes lèvres sont asséchées
Je n’ai rien à pleurer que ces vers du néant

L’homme qui voulait tout ranger dans des boîtes

Un jour, j’ai rencontré un homme qui voulait tout ranger dans des boîtes. Les objets comme les hommes. Les idées comme les sentiments. Moi qui étais plutôt quelqu’un d’entier, je sentais bien que je lui posais un sérieux problème. Il avait beau me casser les pieds ou couper les cheveux en quatre, rien n’y faisait.
Parfois, il changeait de méthode. Au lieu de tout ranger dans des boîtes, il tentait de tout ranger dans des cases. Des cases blanches. Des cases noires. J’avais beau lui expliquer que sa méthode risquait de le conduire d’échec en échec, il ne m’écoutait pas. Il me rétorquait presque aussitôt : « les échecs ? Je les mate ! Et de toute façon, toi, il te manque une case ! Comment veux-tu que je te range alors que tu es dérangé ? »
Et puis un beau jour, nous nous sommes fâchés, car il ne supportait plus que je pusse le mettre en boîte. Nous nous croisions encore de temps en temps et là, tel un diable sorti de sa boîte, il m’emboîtait le pas avant de violemment déboîter. Nous évitions alors le carton de justesse.
Et puis un autre beau jour, il ne fut plus là. Au début, j’avais pensé qu’il s’était définitivement rangé, mais non, il avait simplement déménagé. Il avait tout rangé dans des boîtes et était parti se ranger dans un pays étranger. Mais partir en exil, même bien rangé, cela ne peut-il pas vous ôter un bout de vous-même ? J’appris plus tard qu’il était parti du mauvais pied, en boitant.
Finalement un matin, dans ce lointain pays étranger et bien rangé, on a retrouvé son corps, tout entier étendu dans une boîte, le cœur en mille morceaux.

Idées à la con

Je dois vous avouer, j’ai hésité entre « Idées à la con » et « Un jour… » comme titre. Et c’est là que l’on peut comprendre comment un simple titre peut orienter le texte qui le suit. L’orienter à plus d’un titre évidemment. Évidemment…

Écrire le roman d’une douce France
Terminer le premier homme d’Albert Camus
Écrire une petite histoire
Écrire une moyenne histoire
Écrire une longue histoire

Il faudrait d’ailleurs que je raconte un jour l’histoire qui raconte l’écriture des petites et des moyennes histoires, mais c’est une longue histoire et je n’arrive pas à écrire de longues histoires (vous aviez remarqué, je crois).

Arrêter de passer du coq à l’âne
Retrouver le chien et le chat qui étaient entre les deux
Retrouver le cor de Roland
Souffler dedans
Souffler dehors aussi
Et souffler tout court aussi
Vous voulez souffler vous aussi ?
Très bien, je m’arrête donc là.
Mais bon, c’étaient juste des idées à la con, rien de plus…

La chanson de Roland

Turold m’appelle Roland
Et j’ai un corps au pied
Au pied d’un Olivier
Qui siffle entre ses dents :
On va s’faire piétiner
Pourquoi as-tu soufflé
Trop tard de l’olifant ?

Le fil conducteur

Vous aurez remarqué que malgré le cor de Roland, ces notes de mémoire commencent à perdre le fil de ma pensée depuis quelques pages. Autant dire que ces notes ne tiennent qu’à un fil. Ce n’est donc pas le moment de se défiler, il nous faut en reprendre le fil ! Soyons donc raisonnable, raisonnons et conjonctions de coordination.

Mais une note tenue par un fil
Ou une pensée qui s’emmêle
Et la laine se pelote bien au chaud
Donc une pensée de laine est une pensée décousue
Or une pensée décousue vaut bien un fil décousu
Ni plus ni moins que de se faire des nœuds à la tête
Car finalement cette histoire était cousue de fil blanc

Analyse de l’œuvre et de son auteur (Note à l’attention de l’inspection académique)

Très chers amis qui êtes chargés d’enseigner la poésie à nos jeunes cancres, merci de bien vouloir, moi et mon œuvre, me définir de la façon suivante :

Un auteur d’une grande humilité et d’une immense générosité.
Une œuvre unique, dont l’originalité aura valu à son auteur de rester à jamais comme le plus grand poète du 21e siècle.

Pardon ? Vous pensez que j’exagère ?
Non mais entendons-nous bien. Je ne demande pas non plus cette reconnaissance de mon vivant. Je peux très bien attendre un siècle ou deux. Et puis de toute façon, des poètes au 21e siècle…
Ah oui, ne pas oublier de mentionner que je suis Juif également. Parce que mort ou vif, c’est vendeur ce truc ! Tellement vendeur que chaque bouquin qui sort a son petit Juif, voire un juif minuscule, dans une page ou deux. Je vais peut-être me poser des questions en ce qui me concerne…


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lundi 16 juillet 2018

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