Sur la plage et dans les cimetières


Sur la plage et dans les cimetières

Sur la plage et dans les cimetières
Il y a du sable
Blanc sur la plage
Blanc dans les cimetières
 
Sur la plage et dans les cimetières
Il y a des gens
Allongés sur la plage
Allongés dans les cimetières
 
Sur la plage et dans les cimetières
Il y a des drapeaux
Au vent sur la plage
Au vent dans les cimetières
 
Sur la plage et dans les cimetières
Il y a de la vie
Sous terre sur la plage
Sur terre dans les cimetières
 
Sur la plage et dans les cimetières
Il y a de la mort
Sur terre sur la plage
Sous terre dans les cimetières
 
Sur la plage et dans les cimetières
Il y a des enfants
Qui jouent sur la plage
Qui ne jouent plus dans les cimetières

Le chien

Cette nuit, comme souvent ces derniers temps, je m’étais de nouveau endormi dehors. J’avais bien tenté de gratter la porte, puis d’aboyer un pauvre son péniblement sorti des bas-fonds de ma gueule. Mais, de peur de prendre une nouvelle fois un coup de pied sur les flancs, j’avais fini par me résigner et à tourner deux ou trois fois en rond sur le paillasson, ce même paillasson sur lequel les hommes essuyaient parfois rageusement leurs pieds souillés de mes excréments de pauvre chien, avant de m’allonger, rageant de devoir rester à la porte du monde des humains.
Avais-je été un jour de l’autre côté de la porte, de l’autre côté du monde, de l’autre côté des choses ? Peut-être. Sûrement même. Un homme parmi les hommes. Un chien parmi les hommes. Un homme parmi les chiens. Pour finir aujourd’hui chien parmi les chiens. Et mourir. La gueule fermée. En silence.
Car je la sens cette mort qui approche ; et ainsi meurent tous les chiens : on a froid pendant des jours et puis tout à coup, on sent ce corps malade rongé par les puces et mordu par les crocs se réchauffer légèrement, alors que les ténèbres habituelles laissent place à la veilleuse vacillante d’un pauvre camion funéraire au grillage métallique. Un peu comme si, dans un ultime remords, dans une cruelle volonté typiquement humaine de se racheter sans trop d’effort une minable rédemption coupable, les hommes se donnaient à peine le temps d’organiser notre disparition de la surface de la Terre.

Cruel destin d’un chien parmi les hommes.
Cruel destin d’un homme parmi les chiens.
Cruel destin que celui de cet homme traité comme un chien errant.

Quand je sors de la gare

Quand je sors de la gare, je ne sais pas toujours très bien où je vais…
Un jour, peut-être pourrais-je en faire un poème, quand j’aurai enfin compris le sens de mes écrits. Un jour peut-être. Pour l’instant, je n’avais que le titre de transport et ce point de départ. Si l’on peut voir les choses ainsi. Je croyais pourtant avoir déjà jeté quelques phrases sur ce brouillon. Mais non. Visiblement non. Sans doute n’étais-je pas encore prêt. Cela m’étonnait pourtant. Verba volant, scripta manent nous apprend la locution latine. Les paroles s’envolent, les écrits restent. Rien n’est jamais aussi simple visiblement.

Le temps d’aimer

J’ai à peine une demi-heure
Pour t’écrire sur le cœur
Tout juste cinq minutes
Pour espérer trouver la chute
De ce petit message d’amour
Et si je dois attendre un siècle
Pour trouver les mots justes
Qu’en à peine une seconde
Nous nous retrouvions seuls au monde
Seuls ou seul au monde ?
Seuls ensemble ou seul tout seul ?
Solitaire en solitude
Solitudement solitaire
Solitairement solitude
Seul à seul isolément
Isolé, esseulé,
Si seulement, si seulement…
 
Si seulement j’avais eu cette demi-heure

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mardi 11 décembre 2018

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