Sans retour


Sans retour

Je venais de trébucher. Il avait suffi d’un moment d’inattention pendant lequel je m’étais perdu dans les embranchements de mon cerveau et j’avais trébuché. J’allais tomber, c’était maintenant presque certain. Avec lenteur, presque avec douceur, je voyais le sol se rapprocher inexorablement au milieu d’une brume de larmes qui commençaient à me noyer les yeux. Une simple chute. Une pauvre petite chute avec juste ce ridicule et presque inaudible choc creux à l’arrivée. Un petit choc creux qui allait juste faire « ploc ». Un pauvre petit « ploc » de rien du tout. Un pauvre petit son creux entre le béton d’un quai de gare et la fragilité de ma pauvre tête fatiguée.

Il arrive parfois que de simples petits voyages de tous les jours se terminent ainsi, avec un petit « ploc » dont le petit son creux ouvrait alors vers un immense et éternel trou noir.

Quand je sors de la gare…
Il fait nuit noire
Un peu de brume
Pas de brouillard
Fin de l’histoire…

De toute façon, qu’aurait-il bien pu écrire le poète ? N’était-il pas lui aussi pris au piège au milieu de cette foule indifférente qui s’écoulait vers la sortie ? Avait-il vraiment encore le temps de rêver, de créer et d’espérer ? Et quand bien même, qu’aurait-il bien pu faire d’une si maigre histoire qui était déjà terminée avant d’avoir commencé ?

Il arrive parfois qu’une histoire commence dans un train. Comme ça. Sans crier gare. Une simple histoire de la vie de tous les jours. Une histoire tellement simple que vous ne la lirez sans doute jamais dans un livre. Et c’est peut-être un peu dommage.


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lundi 11 septembre 2017

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