Je ne suis pas Juif mais je me soigne

ou l’informaticien du rabbin

Je ne suis pas Juif mais je me soigne
(ou l’informaticien du rabbin)

Je luttais une nouvelle fois contre le sommeil.
Comment en étais-je arrivé là ?
Quel lien tenace m’unissait à mes tentatives d’écriture ?
Quand avais-je commencé à écrire ?
Et ce curieux saupoudrage autour de l’univers de la Torah…

Alors, je finis par fouiller dans mes rangements numériques et je découvrais ce très court texte daté du… lisez plutôt :

Hanoukha(1) vient de souffler sa dernière bougie. Il est 23 h. Non pas qu’il soit très tard, mais j’avais prévu de me reposer. De me coucher de bonne heure. Et de lire un peu avant d’éteindre la lumière. Je referme « L’histoire moderne du peuple Juif » de Josy Eisenberg. Incrédule, je viens de traverser les trois siècles qui auront mené jusqu’à l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492. De massacres en conversions forcées, d’autodafés du Talmud en place de grève à toutes ces bulles papales qui ne cessèrent d’éclater au-dessus de la tête des Juifs, toujours la même question : « pourquoi ? » Sans doute ne le saura-t-on jamais, pas plus que l’on ne saura pourquoi, petit veau français de race berrichonne et limousine, j’avais décidé d’ajouter, à ma carte de visite, la mention « enfant d’Israël ».

Le fichier informatique s’intitule manuscrit, mais le titre écrit en gras en haut de la page est le suivant : Je ne suis pas Juif mais je me soigne (ou l’informaticien du rabbin). Il devait certainement y avoir une allusion au Chat du rabbin de Joann Sfar et une référence douteuse à un film de la fin des années 1970 qui aura certainement mal vieilli et que peut-être je n’avais jamais vu. Oui, c’était certainement cela. En relisant ce petit texte à la lueur de la bougie de cette soirée, je suis étonné de retrouver certains mots, certaines impressions, certaines expressions, comme si elles avaient déjà eu une existence, comme un autre réveil, un autre réveil où une nouvelle fois je m’étais couché de bonne heure.

Je faisais alors un bref mouvement vers le premier des feuillets que je venais de ramasser, vers celui qui s’appelait « Réveil » justement. Au dernier moment, je changeais pourtant d’avis et me tournais vers un cahier rouge, un vulgaire cahier à spirales qui m’entraînait parfois bien au-delà de la simple liste des choses à faire et qui, détachées de leur contexte et de leur auteur, pouvaient paraître presque énigmatique :

Écrire Nycdis
Écrire KNT et HE
Écrire Lettre motivation
Écrire une petite histoire
Écrire une moyenne histoire
Écrire une longue histoire

Je retrouvais également un poème et deux textes, des pattes de mouches, ainsi que me l’aurait certainement fait remarquer mon père dont je jalousais secrètement l’écriture élégante et les gros stylos plume quand j’étais petit garçon.

(1) - Fête des lumières


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mardi 24 octobre 2017

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