Dans chaque synagogue il y a toujours…


Dans chaque synagogue il y a toujours…

Jacques Prévert, qui n’était pas vraiment en odeur de sainteté avec tout ce qui touchait de près ou de loin à la chose cléricale, mais qui en revanche avait un divin sens des formules, ne s’était pas privé de carillonner : dans chaque église il y a toujours quelque chose qui cloche.

Nul ne sait ce qu’il aurait pu penser des synagogues, notre frondeur de cloches.

Enterrées ?
Avec Fleurs et Couronnes ?

Il n’avait sûrement pas eu le temps de croiser
Mort après une première guerre
Apollinaire et ces deux curieux compagnons
Ottomar Scholem et Abraham Loeweren
Coiffés de feutres verts le matin du sabbat
Vont à la synagogue en longeant le Rhin
Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas

Ces feutres verts
Premiers signes d’un inventaire
Couleur Alcools
Enivrante
Assommante
La belle affaire que d’accuser
Le spiritueux
Le spirituel
La belle affaire que de préjuger
Ici du vin
Là du Divin
Passez la tête
Ouvrez la porte
Et vous découvrirez peut-être
Que dans chaque synagogue il y a toujours…
Des couvre-chefs de toute forme
Rarement campaniforme
Des cerveaux sous les chapeaux
Des sourires aux lèvres
Des regards complices
Des livres et des bras ouverts
Des têtes en l’air
Des chants et des prières
Alors quand la fin est proche
Sortons nos mains de nos poches
Et pour Guillaume, Jacques, Ottomar, Abraham et les autres
Levons ensemble notre verre
Le’Haïm ! à la vie !


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mardi 24 octobre 2017

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