Onzième lettre (Les dix-neuf lettres)
par
Toroth. – Instruction ou doctrines. – Les leçons que nous enseignent ces éléments importants du système divin sont multiples. Elles comprennent les instructions tirées des manifestations historiquement révélées de la vérité divine et qu’il est de notre devoir d’élever au rang de principes de notre vie. Elles nous enseignent à connaître l’Éternel dans son unité et nous invitent à comprendre notre existence dans toute sa diversité et à unir toutes nos forces, nos capacités et nos conditions dans la subordination à l’Unique. Elles enseignent le devoir de service actif de tous les êtres, y compris l’homme, qui doit apprendre à se considérer comme l’un des nombreux serviteurs de la divinité et à rejoindre volontiers leurs rangs. Sa volonté à cet égard se révèle immuable pour tous les âges. Notre expérience doit nous servir d’éducation ; la crainte de l’Éternel doit nous être enseignée par la reconnaissance de sa grandeur illimitée, l’amour de l’Éternel par la considération de sa miséricorde et de sa bonté infinies, la confiance inébranlable en lui par l’appréciation de sa fidélité éternelle.
Ils tendent en outre à ennoblir votre caractère intérieur afin qu’il devienne pur et libre de tout ce qui pourrait vous éloigner du sommet élevé de votre sainte mission. Ils vous invitent à mettre de côté l’orgueil et le désir des plaisirs sensuels, à répondre avec compassion à la douleur ou à la joie de tous les êtres, et à les embrasser tous dans votre amour comme les enfants de l’Éternel. Ces injonctions ne sont que l’application des principes démontrés comme vrais dans les révélations données dans les actions, dans les actes puissants, de l’Éternel. Ses commandements ne sont que l’expression de ces principes, révélés comme des concepts et non comme de simples injonctions incompréhensibles ; quiconque désire la vérité les acceptera.
Mishpatim. – Jugements ou principes de justice. – Toutes ces théories idéales n’ont cependant de valeur que si vous vivez réellement, comme vous l’avez compris, dans un monde divin, avec des pouvoirs divins, homme-Israël. La première condition requise est la justice ! Respectez chaque être autour de vous et tout ce qui est en vous comme la création de votre Roi ; tout ce qui leur appartient comme leur ayant été donné par l’Éternel ou conformément à la loi qu’Il a sanctionnée. Laissez volontiers à chaque être ce qu’il est en droit d’appeler sien. Ne soyez en rien une malédiction. Honorez particulièrement chaque être humain comme votre égal, considérez‑le dans son essence, c’est-à-dire dans sa personnalité invisible, dans son enveloppe corporelle et dans sa vie. Étendez le même respect à son corps artificiellement agrandi, à ses biens ; aux demandes qu’il peut être en droit de vous adresser pour obtenir de l’aide sous forme de dons de biens ou d’actes de force physique ; en mesure et en nombre ; en récompense des dommages causés à sa personne ou à ses biens. Respectez également son droit légitime à la vérité, à la liberté, au bonheur et à la paix de l’esprit, à l’honneur et à une tranquillité sans trouble. N’abusez pas de sa faiblesse de cœur, d’esprit ou de corps ; n’utilisez pas injustement votre pouvoir légal sur lui.
Chukkim. – Statuts arbitraires ou apparemment inexplicables. – La même considération que vous accordez à l’homme, accordez-la également à tous les êtres inférieurs ; à la terre qui porte et soutient tout ; au monde des animaux et des plantes, à votre propre corps, à vos propres facultés mentales, à votre « ego », ce qui vous appartient le plus. C’est la même justice que vous devez aux autres êtres humains. Ce qui, dans le cas des Mishpatim, résulte du concept d’identité de personnalité, découle ici de la notion fondamentale d’égale subordination à l’Éternel, qui défend tout ce qui est inférieur dans l’ordre et soumis à vous contre vos caprices et les débordements d’une volonté incontrôlée. Vos devoirs envers l’humanité vous sont plus compréhensibles simplement parce qu’il vous suffit de penser à vous-même, à vos propres opinions et sentiments, pour reconnaître et comprendre les exigences et les besoins de vos semblables. Si vous pouviez vous mettre aussi complètement à la place des autres êtres, si vous pouviez même comprendre les conditions de l’union et de l’activité combinée de votre propre corps et de votre âme, vous trouveriez aussi facile de comprendre les Chukkim que les Mishpatim. Ils vous demandent de considérer tous les êtres comme les possessions de l’Éternel ; n’en détruisez aucun ; n’abusez d’aucun ; ne gaspillez rien ; employez toutes choses avec sagesse ; les genres et les espèces de plantes et d’animaux sont l’ordre de l’Éternel ; ne les mélangez pas. Toutes les créatures sont des serviteurs dans la maison de la création. Respectez même les sentiments et les désirs des bêtes. Respectez le corps de l’homme même lorsque la personnalité l’a quitté. Respectez votre propre corps comme réceptacle, messager et instrument de l’esprit. Limitez et maîtrisez vos impulsions et vos actions animales selon la loi de l’Éternel afin qu’elles soient utilisées d’une manière véritablement humaine et sainte pour l’édification du but sacré de la race humaine, afin que l’homme ne sombre pas dans la simple bête. Respectez votre âme en nourrissant votre corps ; ne donnez à ce dernier que la nourriture qui lui permettra d’être un messager pur et obéissant du monde à l’âme, et de l’âme au monde, mais pas au point de produire de la paresse ou de la sensualité. Cachez et élevez donc votre partie animale, ne l’estimez pas trop hautement, pour qu’à la fin, toutes les dispositions contradictoires soient éliminées de vous, et que même ce qui est bestial devienne véritablement humain. Enfin, respectez dans votre émanation la plus pure, votre parole.
