Mishna Berakhot - Chapitre 9

mercredi 27 mai 2026
par  Paul Jeanzé

Mishna 9.1

Cette michna, qui regroupe toutes les michnayot de ce chapitre, contient une série de bénédictions et de halakhot qui ne sont pas récitées à des moments précis, mais plutôt en réponse à diverses expériences et événements. MISHNA : Celui qui voit un lieu où des miracles se sont produits en faveur d’Israël récite : « Béni soit… qui a accompli des miracles pour nos ancêtres en ce lieu. » Celui qui voit un lieu d’où l’idolâtrie a été éradiquée récite : « Béni soit… qui a éradiqué l’idolâtrie de notre terre. »

Berahot - Chapitre 9 - Michna 1

Mishna 9.2

Celui qui voit des phénomènes naturels remarquables récite une bénédiction. Pour les zikin (étoiles filantes) et les zeva’ot (tremblements de terre), dont la Guemara parlera ci-dessous, pour la foudre, le tonnerre et les vents violents, manifestations de la puissance du Créateur, on récite : « Béni soit… dont la force et la puissance remplissent le monde. » Pour les montagnes, collines, mers, rivières et déserts extraordinaires (Rambam), on récite : « Béni soit… Auteur de la création. » Conformément à son opinion selon laquelle une bénédiction distincte doit être instituée pour chaque espèce individuelle, Rabbi Yehuda dit : Celui qui voit la grande mer récite une bénédiction spéciale : « Béni soit… Qui a fait la grande mer. » Comme pour toutes les bénédictions de ce type, on ne la récite que lorsqu’on voit la mer de manière intermittente, et non de façon régulière. Pour la pluie et autres bonnes nouvelles, on récite la bénédiction spéciale : « Béni soit… Celui qui est bon et qui fait le bien ». Même pour les mauvaises nouvelles, on récite une bénédiction spéciale : « Béni soit… le vrai Juge ».

Berahot - Chapitre 9 - Michna 2

Mishna 9.3

De même, lorsqu’on construit une nouvelle maison ou qu’on achète de nouveaux ustensiles, on récite : « Béni soit… Celui qui nous a donné la vie, nous a soutenus et nous a amenés jusqu’à ce moment. » La Mishna énonce un principe général : on récite une bénédiction pour le malheur qui nous arrive tout comme on le fait pour le bonheur. En d’autres termes, on récite la bénédiction appropriée pour l’épreuve que l’on traverse actuellement, même si celle-ci peut receler un élément positif pour l’avenir. De même, il faut réciter une bénédiction pour le bien qui nous arrive tout comme pour le mal. La Mishna déclare : « Et celui qui se lamente sur le passé dans le but de changer ce qui s’est déjà produit, sa prière est vaine. » Par exemple, celui dont la femme est enceinte et qui dit : « Que la volonté de l’Éternel soit faite pour que ma femme donne naissance à un enfant de sexe masculin », c’est une prière vaine. Ou celui qui marchait sur le chemin du retour et qui a entendu un cri dans la ville, et qui dit : « Que la volonté de l’Éternel soit faite pour que ce cri ne provienne pas de ma maison », c’est une prière vaine. Dans les deux cas, l’événement s’est déjà produit.

Berahot - Chapitre 9 - Michna 3

Mishna 9.4

Les Sages ont également dit : Celui qui entre dans une grande ville – la Guemara explique ci-dessous qu’il s’agit d’un cas où entrer dans la ville est dangereux – récite deux prières : une à son entrée, pour qu’il puisse entrer en paix, et une à sa sortie, pour qu’il puisse partir en paix. Ben Azzaï dit : « Il récite quatre prières, deux à son entrée et deux à sa sortie. » En plus de prier pour entrer et sortir en paix, il rend grâce pour le passé et implore l’Éternel dans sa prière pour l’avenir.

Berahot - Chapitre 9 - Michna 4

Mishna 9.5

La Mishna énonce un principe général : on est tenu de réciter une bénédiction pour le mal qui nous arrive tout comme on récite une bénédiction pour le bien qui nous arrive, comme il est dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Roi de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Deutéronome 6:5). La Mishna explique ce verset comme suit : « De tout ton cœur » signifie avec tes deux inclinations, ta bonne inclination et ta mauvaise inclination, qui doivent toutes deux être soumises à l’amour de l’Éternel. « De toute ton âme » signifie même si l’Éternel prend ton âme. « Et de toute ta force » signifie avec tout ton argent, car l’argent est désigné dans la Torah comme de la force. On peut également expliquer que « de toutes tes forces » signifie avec tout ce qu’Il te donne ; que ce soit bon ou pénible, remercie-Le. La Mishna enseigne plusieurs halakhot relatives au Temple. On ne doit pas agir de manière irrévérencieuse ni se comporter avec désinvolture en face de la porte orientale du Mont du Temple, qui est alignée face au Saint des Saints. Par respect pour le Temple, on ne doit pas entrer sur le mont du Temple avec son bâton, ses chaussures, sa ceinture à argent [punda], ni même de la poussière sur ses pieds. On ne doit pas faire du Temple un raccourci pour le traverser, et par une inférence a fortiori, on ne doit d’autant plus pas cracher sur le mont du Temple. La Mishna rapporte : À la fin de toutes les bénédictions récitées dans le Temple, ceux qui récitaient la bénédiction disaient : « Béni sois-Tu, Seigneur, Roi d’Israël, jusqu’à l’éternité [haolam], le monde. » Mais lorsque les sadducéens s’égarèrent et déclarèrent qu’il n’y a qu’un seul monde et qu’il n’y a pas de monde à venir, les Sages instituèrent qu’à la fin de la bénédiction, on récite : « De l’éternité [haolam] à l’éternité [haolam]. Les Sages ont également institué que l’on se salue au nom de l’Éternel, c’est-à-dire que l’on mentionne le nom de l’Éternel dans sa salutation, comme il est dit : « Et voici que Boaz vint de Bethléem et dit aux moissonneurs : Le Seigneur est avec vous, et ils lui répondirent : Que le Seigneur te bénisse » (Ruth 2:4). Et il est dit : « Et l’ange de l’Éternel lui apparut et lui dit : l’Éternel est avec toi, vaillant guerrier » (Juges 6:12). Et il est dit : « Et ne méprise pas ta mère quand elle est vieille » (Proverbes 23:22), c’est-à-dire qu’il ne faut pas négliger les coutumes dont on a hérité. Et de peur que tu ne dises qu’il est interdit de mentionner le nom de l’Éternel, il est dit : « C’est le temps de travailler pour le Seigneur ; ils ont rendu vaine Ta Torah » (Psaumes 119:126), c’est-à-dire qu’il est parfois nécessaire de passer outre aux préceptes de la Torah afin d’accomplir la volonté de l’Éternel, et saluer autrui est certainement la volonté de l’Éternel. Rabbi Natan propose une autre interprétation du verset : « Ils ont rendu caduque Ta Torah » parce que « c’est le moment d’œuvrer pour le Seigneur », c’est-à-dire qu’il est parfois nécessaire de déroger aux préceptes de la Torah afin de renforcer la Torah.

Berahot - Chapitre 9 - Michna 5

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Une journée ordinaire

Aujourd’hui est une journée ordinaire... enfin je crois. Je profite donc de cette journée ordinaire pour mettre en ligne mon dernier roman, intitulé sobrement... une journée ordinaire.

Dans la mesure où j’aurai eu besoin d’un peu plus de quatre années pour voir ce petit livre achevé, ne devrais-je pas considérer cette journée comme extraordinaire ? Peut-être... peut-être pas. D’une certaine façon, n’est-il pas extraordinaire de pouvoir profiter d’une journée ordinaire ?

Cher lecteur, je vous souhaite une bonne journée... ordinaire.
Paul Jeanzé, le 19 décembre 2025


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Mise en ligne d’une version en français de l’ouvrage Les dix-neufs lettres, de Samson Raphaël (…)

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