Chapitre 14 (La voie des Justes)

samedi 6 juin 2026
par  Paul Jeanzé

Il existe trois divisions principales de la Séparation : il y a la Séparation relative aux plaisirs, la Séparation relative aux lois et la Séparation relative aux conduites.

La séparation relative aux plaisirs est celle dont nous avons parlé au chapitre précédent. À savoir, ne prendre du monde que ce que la nécessité impose. Cela englobe tout ce qui est agréable à l’un des sens, que ce soit par la nourriture, les relations conjugales, les vêtements, les promenades, l’écoute ou toute autre chose similaire – n’y prendre part que les jours où leur jouissance est une mitsva.

La séparation dans les lois consiste à toujours être rigoureux à leur égard. Il faut se soucier même de l’opinion isolée si sa raison est fondée, bien que la Halakha ne suive pas cette opinion. La condition, cependant, est que cette rigueur ne devienne pas une indulgence.

De même, il faut être strict en cas de doute, même dans des situations où l’on pourrait se montrer indulgent. Nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué la déclaration d’Yechezkel (Choulân 37b) : « “Voici, mon âme n’est jamais devenue Tameï (spirituellement impure)” (Yéhézkel 4:14) – car je n’ai jamais mangé la chair d’un animal sur lequel un Sage avait été appelé à statuer, ni la chair d’un animal à propos duquel on dit : “Abats-le, abats-le [de toute urgence]”. Voici, toutes ces choses sont certes permises selon la Halakha, mais il était strict envers lui-même et s’en abstenait.

J’ai déjà expliqué plus haut que ce qui est permis aux masses populaires ne peut s’appliquer aux Perushim (ceux qui pratiquent la séparation), car il leur incombe de se tenir à l’écart de ce qui est répugnant, ou de ce qui s’y apparente. Comme l’a dit Mar Ukba : « En cette matière, je suis comme du vinaigre tiré du vin comparé à mon père. Car si mon père devait manger de la viande aujourd’hui, il ne mangerait pas de fromage avant cette même heure demain, alors que moi, je ne mange pas [de fromage] au cours du même repas, mais je le mange lors de mon repas suivant. » (Chulin 105a). Il ne fait aucun doute que la Halakha n’était pas telle que la pratiquait son père, car si tel avait été le cas, Mar Ukba n’aurait pas agi à l’encontre de cela. Au contraire, son père était rigoureux en la matière en raison de sa séparation. C’est pourquoi Mar Ukba se qualifiait lui-même de « vinaigre issu du vin », car il n’était pas à la hauteur de son père en matière de séparation.

La séparation dans la conduite consiste à s’isoler et à se séparer de la compagnie sociale afin de tourner son cœur vers le service divin et de se livrer à une réflexion appropriée. Cela à condition de ne pas tomber dans l’extrême opposé. Car nos sages, de mémoire bénie, ont déjà dit : « L’esprit d’une personne doit toujours s’associer aux autres » (Ketuvot 17a). De même, ils ont dit : « [Quelle est la signification du verset] « L’épée est sur les fanfarons (baddim) et ils deviendront insensés » (Yirmiyahu 50:36) – L’épée est sur les ennemis des disciples des sages, qui s’assoient à l’écart [bad bebad] et étudient la Torah. [De plus, ils deviennent stupides] » (Makot 10a). Au contraire, il faut s’associer aux gens de bien aussi longtemps que nécessaire, pour son étude de la Torah ou pour subvenir à ses besoins, puis s’isoler ensuite pour s’attacher à son Roi, et pour atteindre les voies des justes et le véritable service.

Cette [sorte de séparation] implique de réduire au minimum ses conversations et de se garder des propos futiles, de ne pas regarder au-delà de ses quatre coudées, et autres choses [nobles] auxquelles un homme peut s’habituer jusqu’à ce qu’elles deviennent une seconde nature en lui.

Même si je vous ai exposé ces trois divisions sous forme de principes généraux succincts, vous pouvez néanmoins constater qu’elles englobent de nombreuses activités humaines. Et je vous ai déjà mentionné [au chapitre précédent] qu’il est impossible d’exposer les détails de leur application, car le jugement personnel est nécessaire pour les appliquer correctement, conformément à la justice et à la vérité des principes généraux.


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Une journée ordinaire

Aujourd’hui est une journée ordinaire... enfin je crois. Je profite donc de cette journée ordinaire pour mettre en ligne mon dernier roman, intitulé sobrement... une journée ordinaire.

Dans la mesure où j’aurai eu besoin d’un peu plus de quatre années pour voir ce petit livre achevé, ne devrais-je pas considérer cette journée comme extraordinaire ? Peut-être... peut-être pas. D’une certaine façon, n’est-il pas extraordinaire de pouvoir profiter d’une journée ordinaire ?

Cher lecteur, je vous souhaite une bonne journée... ordinaire.
Paul Jeanzé, le 19 décembre 2025


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8 janvier - Les dix-neuf lettres (Samson Raphaël Hirsch)

Mise en ligne d’une version en français de l’ouvrage Les dix-neufs lettres, de Samson Raphaël (…)

30 septembre 2025 - La méditation juive

Mise en ligne d’une version en français de La méditation juive (1982), livre de Aryeh Kaplan.